Le fantôme de Pim Fortuyn planera aujourd'hui sur tous les bureaux de vote des Pays-Bas. De son vivant, le messianique dandy populiste de droite promettait déjà un électrochoc aux partis de l'«establishment». Après son assassinat le 6 mai, dont est accusé un ultra-radical écologiste, le vote de protestation va-t-il se doubler d'un vote de compassion ? La Liste Pim Fortuyn (LPF) servira-t-elle de grand registre national de condoléances, après le drame qui a stoppé net la campagne ? L'onde de choc de ce crime politique, décrit à La Haye comme «le 11 septembre des Pays-Bas», est bien la principale inconnue de ces élections qui doivent renouveler les 150 sièges de la Chambre des députés. Un ultime sondage montrait lundi que, même sans son héros «Pim», la LPF a des chances de s'imposer comme deuxième parti du pays, avec 18,5 % des voix (contre 17 % avant le 6 mai), juste derrière les chrétiens-démocrates du CDA (20,5 %), qui engrangeraient les fruits d'une cure de huit ans dans l'opposition.
Le pays perd les pédales. «L'effondrement du parti socialiste risque d'être encore plus énorme qu'on ne l'anticipait. Quand je pense qu'il y a seulement quatre mois les Pays-Bas étaient un modèle en Europe, qu'on citait en exemple notre très populaire Premier ministre Wim Kok... Tout ça s'est volatilisé. Et le roi se retrouve brutalement nu», commentait hier, effondré, Bert Creemers, un élu local du PvdA (social-démocrate). A Rotterdam, son parti a durement vécu début mars le début du raz de m




