São Paulo correspondance
Lula a changé. Relooké par le marketing électoral, le candidat du Parti des travailleurs (PT, socialiste) à la présidence du Brésil, de son vrai nom Luiz Inacio Lula Da Silva, a revu la coupe de ses costumes et présente une image plus bourgeoise : sans son éternel cigare, la barbe taillée, le ton posé, voire la larme à l'oeil quand il évoque certains épisodes douloureux de sa vie. Ce «new look» fait merveille. A 56 ans, Lula, qui a déjà essuyé trois défaites successives, est le grand favori du scrutin d'octobre prochain. Le chef historique du PT, la plus grande formation de gauche et d'opposition au Brésil, a encore progressé dans les sondages, qui le placent en tête de la course présidentielle depuis plusieurs mois. Il est aujourd'hui crédité de 43 % des intentions de vote, loin devant le candidat probable du gouvernement, le sénateur José Serra, en deuxième place avec 17 %. L'ex-leader syndical des métallos de São Paulo est donné gagnant dans le cas d'un second tour.
Notoriété. Mais à cinq mois du scrutin, la prudence est de mise. Et plus encore s'agissant de Lula, «un candidat qui a toujours décollé mais n'a jamais atterri», selon le mot du Président brésilien, le social-démocrate Fernando Henrique Cardoso. «La seule certitude aujourd'hui, c'est que tout peut encore changer», note Mauro Paulino, directeur de l'institut de sondages Datafolha. «La campagne n'a pas encore commencé. Les sondages reflètent surtout la notoriété du candidat, et Lula est le




