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Uribe, le «messie» à poigne qui tente la Colombie

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Partisan de la manière forte contre la guérilla et soutenu par les para-militaires, le candidat de la droite musclée pourrait être élu dès le premier tour de la présidentielle, dimanche.

Publié le 22/05/2002 à 23h33

Bogota correspondance

Les gardes du corps sont une quinzaine, la voiture est blindée et l'homme pressé. Alvaro Uribe Vélez, le grand favori de la présidentielle de dimanche, crédité de 48 à 49 % des intentions de vote dans les derniers sondages, fonce d'une poignée de main à une autre dans les couloirs d'une université privée de Bogota. Du recteur aux gardiens, tous ont droit à leur salut. «Je vous félicite pour cette belle université bien entretenue», lâche-t-il à la concierge avant de filer vers son véhicule, encadré par son escorte. La campagne officielle, qui s'achève une semaine avant le scrutin, touche à sa fin. Le candidat de la droite musclée sort fatigué de l'un de ses derniers meetings. Des étudiants l'ont interrogé en direct depuis neuf villes du pays où la vidéoconférence était retransmise. «Nous y sommes obligés, explique le responsable de la sécurité du candidat. Alvaro Uribe a déjà subi quinze tentatives d'attentats.»

Lors de la dernière tentative, attribuée à la guérilla à la mi-avril, quatre personnes sont mortes dans une explosion, au passage de sa voiture blindée. Depuis, Alvaro Uribe n'a plus recours qu'aux téléconférences, dans des lieux clos et contrôlés, pour présenter le discours qui pourrait le propulser à la présidence dès le premier tour : la «manière forte contre les violents», et notamment contre la guérilla. Le programme fait mouche : le pays sort de trois ans de discussions stériles avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxi

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