Alger envoyée spéciale
Il n'est besoin de presque rien. A Oum Toub, dans l'est de l'Algérie, ce furent les travaux de construction d'une route d'accès qui s'éternisent. A Soukh Aras, un coup de feu contre un gamin qui avait surpris dans un buisson un policier et sa bonne amie. Ou à Zéralda, près d'Alger, l'éviction de militaires à la retraite de leur logement de fonction. Il ne faut presque rien en Algérie, et c'est l'émeute, les pierres qui volent, les symboles de l'Etat qui flambent. Face à cette colère, partie il y a un an de Kabylie après la mort d'un lycéen dans une gendarmerie et qui s'étend aujourd'hui à tout le pays, les seules échéances affichées sont les élections législatives, dans moins d'une semaine. Et là c'est la torpeur, aussi pesante que le climat est électrique. Face à des appels au boycott chaque jour plus larges, des dizaines de meetings ont dû être annulés faute de public. Plus de trente candidats se sont retirés en Kabylie. Alors commence maintenant la répression.
Hier, au tribunal correctionnel de Bir Mourad Rais, à Alger, comparaissaient vingt et une personnes arrêtées après que des pierres eurent été jetées contre la voiture du président Abdelaziz Bouteflika lors de l'inauguration d'une bibliothèque universitaire sur le campus de Bouzaréah, le 18 mai dernier. Et les journalistes étrangers ont reçu l'interdiction officielle de se rendre en Kabylie jusqu'à nouvel ordre. Alors, entre le box et les urnes, entre le campus et la campagne, c'est un pays à bou




