Londres
de notre correspondant
Ruth Khama, née Williams, a prouvé que l'amour était plus fort que l'apartheid. Le régime raciste d'Afrique du Sud et les autorités coloniales britanniques avaient tout fait pour s'opposer au mariage de cette jeune Anglaise avec le futur président du Botswana et héritier d'une des plus grandes tribus du pays, Seretse Khama. Elle avait été répudiée par sa famille et chassée de son travail. Son mari avait été condamné à l'exil. Cette fille d'un ancien capitaine de l'armée des Indes avait été l'héroïne pendant près de deux décennies d'un Roméo et Juliette africain. Elle vient de mourir à l'âge de 78 ans.
Mariage civil. En 1948, Seretse Khama étudie à l'université d'Oxford lorsqu'il fait la connaissance de Ruth Williams, une jeune employée aux Llyods, lors d'une soirée dansante. Il est noir. Elle est blanche. Leur idylle provoque un tollé. Un prêtre puis l'évêque anglican de Londres refusent de les unir sans l'accord du gouvernement britannique. Seretse Khama vient du Bechuanaland, le futur Botswana, un protectorat britannique coincé entre l'Afrique du Sud et la Namibie. Une fois son diplôme en poche, il doit devenir le chef des Bamangwato, l'une des plus importantes tribus du pays. Le couple se marie civilement.
La réprobation est générale. Le conseil tribal, le kgotla, ne veut pas de Ruth comme reine. Seretse finit par retourner la décision en sa faveur lors d'un second conseil. Mais l'Afrique du Sud qualifie cette union de «dégoûtante». Son nouveau




