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Libération

Le discours de Bush place les Palestiniens en porte-à-faux

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Dénoncer Yasser Arafat aujourd'hui les ferait passer pour des «agents américains».

Publié le 26/06/2002 à 0h05

Gaza envoyé spécial

Débusquée sur l'Internet et prestement imprimée, l'intégrale du discours de George W. Bush circule de main en main à Gaza. Visages tendus. Stupeur. Consternation. Les réactions des intellectuels palestiniens sont invariables. Ce n'est pas que la charge au vitriol contre Yasser Arafat les turlupine sur le fond. Depuis plusieurs semaines, il devenait difficile de trouver qui que ce soit, à Gaza, prêt à prendre la défense du vieux dirigeant nationaliste. Bien au contraire. Du balayeur au ministre, dans la grogne ou par l'analyse, chacun conteste désormais la clairvoyance du chef. La critique gagne jusqu'à son entourage immédiat. Mais dans un pays en guerre, le linge sale ne se lave qu'en famille. D'autant que le président américain passe ici pour un cache-sexe fort mince, dissimulant mal les intentions du Premier ministre israélien Ariel Sharon. En appelant presque ouvertement à renverser le président élu de l'Autorité palestinienne, il condamne au silence tous les opposants qui craignent d'être traités en félons.

Fatigué. «Les Palestiniens veulent des réformes profondes, radicales, estime ce haut fonctionnaire, membre de l'administration présidentielle, c'est pour nous une nécessité vitale. Yasser Arafat est âgé, malade, fatigué. Ces dernières semaines, il a subi plus de pressions qu'il ne pouvait en supporter. Il n'arrive plus à mener une partie serrée avec les Israéliens tout en continuant à gérer les affaires courantes. Or, comme il n'a jamais délégué le m

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