Le limogeage du colonel Djibril Rajoub, patron de la puissante Sécurité préventive en Cisjordanie, n'en finit pas de faire des vagues. Dans un élan soudain de solidarité avec leur chef remercié, quelque 600 officiers et policiers du service palestinien de contre-espionnage ont manifesté hier, à Ramallah, sous ce qu'il reste des fenêtres du palais de la Mouqataa, pour crier leur mécontentement face aux réformes de l'appareil de sécurité engagées en début de semaine par Yasser Arafat. Un défi de taille pour le vieux dirigeant nationaliste. L'Autorité palestinienne ne peut guère se permettre d'entrer en conflit ouvert avec l'une des branches les plus importantes de ses organes répressifs.
Loyauté. Forte de 4 000 hommes dans la seule Cisjordanie, la Sécurité préventive sert tout à la fois d'oeil, d'oreille et de bras armé au régime. Le Président ne s'y est pas trompé qui a pris le temps de recevoir une délégation de policiers frondeurs pour les assurer de sa considération. Amadoués, les manifestants ont regagné leurs quartiers. Après avoir «confirmé notre loyauté à Yasser Arafat, symbole de notre lutte», a affirmé le capitaine Sabri Tmezi à l'issue de l'entretien, «sa réaction à nos demandes a été positive. Il comprend de quoi il s'agit et a promis de bien faire». Réponse qui inquiète l'entourage du Président. Au début de la journée, les policiers avaient annoncé leur décision de «ne pas coopérer» avec le général Zouheir Manasra, ancien gouverneur de Jénine, choisi pour remplace




