Au huitième jour de la crise entre Madrid et Rabat pour le contrôle de l'îlot Leïla-Persil, une médiation énergique des Etats-Unis semblait, vendredi, devoir amener les deux parties à un règlement négocié de leur différend. Le secrétaire d'Etat Colin Powell a en effet multiplié les appels téléphoniques au roi Mohammed VI et au chef de la diplomatie espagnole Ana Palacio en vue de garantir un accord portant sur un retour au statu quo ante, à savoir pas d'occupation de l'îlot contesté. Pour en arriver là, Washington a dû arracher au Maroc l'engagement de ne pas le réoccuper après le retrait exigé par Rabat des forces espagnoles.
Intransigeance. Cette concession a été indirectement confirmée vendredi soir à Paris par Mohamed Benaïssa, le ministre marocain des Affaires étrangères. «Nous n'avons aucune intention de faire la guerre», a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse, non sans insister sur la «marocanité» de ce rocher situé «à moins de 150 mètres de notre côte et qui n'a jamais fait partie d'un contentieux territorial» avec l'Espagne.
Un tel accord n'aura pas été chose facile. D'autant que l'intransigeance de Madrid avait fait échouer un premier compromis obtenu par Washington. Au terme de celui-ci, l'îlot revenait au statu quo ante et, affirme Mohamed Benaïssa, le Maroc s'engageait, dans ses futures négociations avec l'Espagne, à ne pas soulever le problème des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla qu'il a pourtant toujours revendiquées. «A 2 heures du matin,




