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Libération

Rabat-Madrid : dialogue de sourds

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Ils n'ont pas la même lecture de l'accord sur l'îlot Leila-Persil.

Publié le 23/07/2002 à 0h28

Personne ne prévoyait une reprise de contact facile entre Espagnols et Marocains après leur empoignade à propos de l'îlot Leila-Persil. Elle se sera bornée, hier à Rabat, à un bref entretien suivi d'un déjeuner entre les chefs de la diplomatie des deux pays. Après quoi, Ana Palacio s'en est retournée à Madrid. Ils avaient auparavant confirmé l'accord conclu grâce à la médiation américaine, sans toutefois évoquer l'essentiel : le statut du rocher. «L'attitude des deux parties sur le compromis ne préjuge pas de leur position quant à [ce] statut», ont-ils même spécifié.

Dès l'arrivée d'Ana Palacio à Rabat, il était patent que les deux parties avaient une lecture différente du compromis arraché samedi par le secrétaire d'Etat Colin Powell. Les Espagnols ne voulaient parler que de sa «mise en oeuvre», qui prévoit la démilitarisation du rocher, et renvoyaient les autres contentieux à de «futures discussions».

Le Maroc réclame, lui, le contraire, à savoir aborder tous les dossiers litigieux. La presse et les partis politiques marocains ont ainsi insisté sur la «libération» des enclaves de Ceuta et Melilla et des îles espagnoles de la côte méditerranéenne du royaume. A deux mois des législatives, les différentes formations politiques marocaines paraissent d'autant plus décidées à surfer sur cette revendication que la «rue» s'est sentie humiliée par le coup de force militaire espagnol.

Ces considérations sont aux antipodes des exigences de Madrid qui a mis une condition sine qua non à l

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