Rome intérim
Comme l'année dernière, juste avant la pause estivale, Silvio Berlusconi fait passer une loi sur mesure pour l'aider dans ses démêlés judiciaires. La coalition de droite du Premier ministre souhaite introduire dans les textes législatifs une notion de «suspicion légitime». Elle permettrait à tout accusé de demander le transfert de son procès devant un autre tribunal si les juges sont soupçonnés de partialité. Or, Silvio Berlusconi est encore impliqué dans un procès pour corruption de magistrats et pour faux dans les bilans, à Milan, dans l'affaire du rachat de la société alimentaire SME. Son ami et ancien avocat Cesare Previti est, lui aussi, au coeur d'un procès dans la même ville pour corruption de juges. La nouvelle loi doit être approuvée aujourd'hui par le Sénat, puis par la Chambre des députés, à l'automne. En attendant, le procès serait suspendu.
Aversion. Silvio Berlusconi et ses alliés accusent les juges milanais d'être «motivés politiquement» et l'opposition d'utiliser «la justice comme un instrument de lutte politique». Le président du Sénat, Marcello Pera, affirme ainsi que la gauche «pense pouvoir obtenir des magistrats ce qu'elle n'a pas réussi à gagner dans les urnes». Le Premier ministre lui-même n'a jamais caché son aversion pour ceux qu'il appelle «les juges rouges» qui ont instruit l'opération anticorruption «mains propres» au début des années 90. L'opposition a organisé, hier, une conférence de presse pour demander le retrait du projet de loi.




