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Libération

La Corée du Nord cède à l'appel du marché

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Réforme économique aux allures de thérapie de choc libérale.

Publié le 07/08/2002 à 0h36

Pékin de notre correspondant

La seule chose de sûre, c'est que quelque chose bouge : s'agissant de la Corée du Nord, dernier bastion stalinien de la planète, ce n'est déjà pas si mal... Pyongyang, après des années de famine, de déclin économique et de stagnation politique, a introduit, dans la plus grande discrétion, des réformes dans la production et la distribution qui ont des allures de thérapie de choc libérale. Des prix agricoles multipliés par 50, la rentabilité et la productivité insufflées dans des industries moribondes, les loyers et les services rendus payants, la réhabilitation du profit...

Les informations en provenance de ce pays hermétique sont encore imprécises, et les témoignages directs limités. Mais, de retour d'un voyage de cinq jours en Corée du Nord, le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé de l'humanitaire, Kenzo Oshima, a estimé, lundi à Pékin, que «s'il est encore trop tôt pour mesurer l'impact de ces mesures, elles constituent une reconnaissance de la part des autorités de l'état économique du pays et de la nécessité d'introduire des réformes. En ce sens, c'est un pas dans la bonne direction».

Cette prudence du diplomate onusien se comprend : ses interlocuteurs ne lui ont donné qu'un minimum d'indications sur les réformes en cours, alors qu'elles risquent d'avoir un impact direct sur la distribution alimentaire que mènent les Nations unies. On lui a également refusé l'accès à un «marché de fermiers», c'est-à-dire ce qui se rapproche le plus d'un ma

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