Prague envoyé spécial
Durant toute la matinée d'hier, Prague, victime de la plus grave inondation que la ville ait connu depuis 1890, a retenu son souffle. La veille au soir, le maire avait annoncé «que le pire était à venir». Toute la nuit, les évacuations ont continué dans le centre historique et tous les quartiers menacés par la crue de la Vltava. Près de cinquante mille personnes ont dû quitter leur logement dans la capitale. Au total, selon le ministre tchèque de l'Intérieur, ce sont deux cent mille personnes qui ont été évacuées dans l'ensemble de la République tchèque.
En descendant vers le centre, par la rive gauche de la rivière grossie par les crues du sud du pays, c'est à la station Malotranska que l'avenue Klarov disparaît complètement sous les eaux. De la station de métro, seul le haut du panneau émerge des flots. Un timide rayon de soleil, quelques chiens qui s'ébrouent dans l'eau, des passants rivés à leur Caméscope, la scène serait presque gaie. Mais, à deux cents mètres de là, les toits des maisons paraissent flotter. Le long de la berge, des écriteaux indiquent que, sous les flots boueux, existaient des restaurants, des guinguettes, des parkings. Enfin, voici le pont Stefanikov, le seul qui ne soit pas interdit à la circulation. Des centaines de curieux s'y massent, pour scruter la Vltava déchaînée.
Rues silencieuses. De l'autre côté, la partie la plus basse de la vieille ville est interdite. L'ancien ghetto juif, notamment, a été entièrement évacué. Des bande




