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Libération

Le Soudan, obligé des Etats-Unis

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L'ancien «Etat voyou» n'a guère le choix face aux propositions américaines de pacifier le pays.

Publié le 03/09/2002 à 0h51

Khartoum envoyée spéciale

Casquette de base-ball vissée sur le crâne et accent texan à couper au couteau : au milieu des rues défoncées de Khartoum, le petit groupe a de quoi surprendre. Au Soudan, pays hôte d'Oussama ben Laden jusqu'en 1996, la présence de ces techniciens américains n'est bien sûr pas un hasard. Venus préparer le chantier de la future ambassade «hypersécurisée», ils symbolisent le retour en force des Etats-Unis dans ce pays paria. Pour la Maison Blanche, la priorité est d'aider à mettre fin à la plus longue guerre civile d'Afrique. Les pressions américaines qui ont mené en juillet à la signature d'un premier protocole d'accords à Machakos, au Kenya (lire ci-dessous), illustrent le changement d'attitude de Washington à l'égard du Soudan. Le virage s'explique : il est question de s'assurer de nouveaux alliés dans la lutte antiterroriste mais aussi de pétrole. Exportateur depuis 1999, le pays dispose de larges réserves, situées pour la plupart dans le Sud en guerre.

La discorde entre les deux pays remonte à 1989. Le militaire Omar el-Béchir prend le pouvoir, guidé par son mentor, le charismatique et islamiste Hassan el-Tourabi. Application de la charia, soutien à Saddam Hussein : les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Khartoum en 1991, et adoptent des sanctions économiques unilatérales contre le pays, accusé de soutenir le terrorisme et d'héberger, outre Ben Laden, Carlos et Abou Nidal. En 1998, les attentats contre les ambassades américaines

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