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Libération

Les tabous d'Hollywood

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Le cinéma, seul art à éviter les attentats.

Publié le 04/09/2002 à 0h51

Los Angeles de notre correspondante

Dans le déluge d'émissions spéciales autour de l'anniversaire, on ne verra que des documentaires, des reportages et des débats. Personne n'a osé faire du cinéma à partir du scénario épouvante sur New York et Washington. Certes, il y a l'initiative française, celle de Jean-Marie Messier qui, du temps de son règne à Vivendi Universal, avait commandé et financé 11 films de 11 minutes à des cinéastes de toutes nationalités, les laissant libres de leur création. Mais 11'09''01, présenté au Festival de Ve nise (lire page III de notre cahier Cinéma), ne s'aventure pas dans la fiction. Et certains de ces courts métrages ont déjà déclenché une polémique aux Etats-Unis, où on leur reproche d'exprimer des sentiments antiaméricains. The Guys («les Mecs»), la pièce de théâtre de deux stars de Hollywood, Susan Sarandon et Tim Robbins, se trouve aussi dans le registre flou de la réalité mise en scène : l'actrice joue un professeur de journalisme qui aide un capitaine des pompiers de New York à organiser l'hommage funéraire de huit de ses collègues disparus dans le World Trade Center. La pièce a été filmée avec Sigourney Weaver et Anthony La Paglia et doit sortir pour le 11 septembre.

Bonnes intentions. Mais Hollywood reste pétrifié à l'idée de lancer l'écriture d'un script reconstituant les attaques contre New York. Le tabou absolu. Même les scénarios écrits avant le 11 septem bre et qui se déroulaient en Afghanistan ou au Pakistan ont été mis à la poubell

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