Londres de notre correspondant
Le Royaume-Uni est à la recherche de ses tribus perdues. Dans le dernier recensement général, publié la semaine dernière, un million de Britanniques manque à l'appel. Les agents de l'Office national de la statistique (ONS) ont beau compter et recompter, ils ne dénombrent que 58 784 194 personnes. Or, d'après toutes les estimations qu'ils avaient effectuées, ils s'attendaient à trouver une population d'au moins 60 millions d'habitants. Les experts ne parviennent pas à s'entendre sur les causes de ce trou noir.
Pour les uns, le million manquant a quitté le pays et se prélasse au soleil d'Australie ou d'Espagne. Len Cook, l'un des responsables du recensement, affirme que les «disparus» appartiennent surtout à la classe d'âge des 20-30 ans et sont en majorité des hommes. Cet exode pourrait s'expliquer, selon lui, par la «culture rave» qui attire de plus en plus de jeunes dans le sud de l'Europe. Autre facteur : la généralisation des «gap years», ces congés post-universitaires ou entre deux cycles d'études, qui donnent lieu à des voyages exotiques.
Hémorragie. «Il y a eu un flux de départs de près de 600 000 [personnes] que nous n'avions pas prévu il y a dix ans, a-t-il expliqué. Les statistiques migratoires des pays, comme l'Australie, qui tiennent un registre précis des entrées et des sorties aux frontières, confirment cette tendance.» D'après lui, l'Australie a absorbé à elle seule 50 000 jeunes Britanniques au cours des dernières années. Conséquenc




