Les autorités américaines l'avaient suggéré dès lundi (Libération d'hier), le ministre russe de la Santé, Iouri Chevtchenko, l'a confirmé hier : le gaz utilisé par les forces spéciales pour mettre fin à la prise d'otages de Moscou serait bien un anesthésique à base d'opiacés, le fentanyl. «Aucune substance chimique interdite par les conventions internationales n'a été utilisée» lors de l'assaut, a précisé le ministre. Il a affirmé aussi que ce sont le manque d'eau, de nourriture, d'oxygène et l'immobilisation «qui ont entraîné la mort d'une partie des otages». La quasi-totalité des 119 décès parmi les otages semble cependant bien avoir été provoquée par l'inhalation du gaz.
Pour les anesthésistes français, cette révélation sur la nature du produit est une surprise totale. «On aurait pu penser à de nombreux gaz anesthésiques, relativement faciles à mettre dans des "bombes" ; ou à des toxiques militaires, mais j'étais à mille lieues d'envisager le fentanyl, réagit Olivier Paut, anesthésiste à l'hôpital de la Timone, Marseille. C'est sans doute possible, mais étonnant.»
Antalgique. Selon lui, le fentanyl est en effet largement utilisé comme anesthésique, ou comme antalgique, mais principalement en intraveineuses ou en patchs transdermiques. «Notre équipe et quelques autres travaillent sur son administration en aérosol, mais il s'agit d'études expérimentales», précise-t-il.
Mais, si le choix du produit paraît inattendu, les effets observés semblent compatibles avec ceux de cet opia




