Pékin de notre correspondant
La seule fois où l'on a vu Hu Jintao sortir de ses gonds, c'est en avril dernier, lors d'un voyage en Malaisie. Détendu, chemise col ouvert, le dauphin désigné du pouvoir chinois s'est approché des journalistes et leur a lancé : «C'est injuste de me décrire comme un homme mystérieux.» Mais il n'en a pas dit plus, et le mystère demeure entier...
Rarement personnage public aura pu rester aussi longtemps lisse et transparent. L'homme qui devient aujourd'hui secrétaire général du Parti communiste chinois, et qui sera en mars président de la République populaire, concentrant sur le papier autant de pouvoirs que Mao Zedong ou Jiang Zemin, est un parfait inconnu pour les 1,3 milliard de Chinois dont il aura la charge. Pour devenir le numéro 1 chinois, pas besoin d'avoir un programme ni de convaincre ses concitoyens : Hu a été désigné il y a plus de dix ans par Deng Xiaoping, ex-dirigeant suprême, alors octogénaire et sans responsabilités officielles. Le XVIe Congrès du PCC n'a fait que respecter ce choix effectué par un homme disparu depuis longtemps.
Déférent. Pour le public chinois, Hu Jintao est d'abord un visage entrevu à la télévision, dans l'espace réservé au numéro 5 de la hiérarchie politique, un personnage cultivant avant tout la neutralité, qui s'est efforcé, tout au long de sa vie, de manifester sa loyauté et sa déférence à ses supérieurs. Une seule certitude : s'il incarne bel et bien, à 59 ans, un rajeunissement de l'appareil en succédant au s




