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Abdullah Gül, le calife à la place du calife

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Nommé Premier ministre turc, il s'affiche proeuropéen.

Publié le 18/11/2002 à 1h48

Toujours affable et parfait anglophone, Abdullah Gül, économiste quinquagénaire qui affiche volontiers ses convictions pro-européennes, rassure les diplomates occidentaux comme les milieux financiers. Militant de la première heure puis apparatchik formé dans le sérail de l'islamisme politique turc, il reste très populaire parmi les activistes et les électeurs les plus convaincus du Parti de la justice et du développement (AKP), grand vainqueur des élections du 3 novembre avec 34 % des voix et presque deux tiers des sièges à l'Assemblée.

Exposé. Vice-président du parti, Abdullah Gül, 52 ans, a été nommé samedi Premier ministre par le chef de l'Etat, Ahmet Necdet Sezer, qui a finalement suivi les recommandations du leader charismatique de l'AKP, Recep Tayyip Erdogan. L'ancien maire islamiste du «grand Istanbul» ne pouvait prétendre à ce poste en raison de son inéligibilité après une condamnation vieille de trois ans «pour propagande antilaïque». Il a insisté pour que son bras droit le remplace dans cette fonction, sachant bien qu'ainsi il s'expose autant qu'en prenant lui-même en main la direction du gouvernement. «Le succès du Premier ministre sera le nôtre en tant que parti et son échec aussi. Pour cela, il ne peut y avoir la moindre divergence entre nous», a souligné Erdogan, conscient de la tache difficile qui attend la nouvelle équipe.

Erdogan et Gül ont fondé ensemble ce parti il y a tout juste un an, rompant avec Necmettin Erbakan, le vieux chef historique du Mouvement is

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