Stockholm
de notre correspondant
Le Groenland, «la plus grande île du monde», territoire autonome rattaché au Danemark, a franchi un pas vers l'indépendance. Les élections législatives locales de mardi ont donné un net avantage à deux partis pro-indépendantistes, les sociaux-démocrates de Siumut et l'extrême gauche de Inuit Ataqatigiit (IA) qui, ensemble, ont réuni plus de 55 % des voix des 39 000 électeurs (sur 57 000 habitants). Sous le slogan «Le Groenland aux Groenlandais», le président de Siumut, Hans Enoksen, a remporté un succès personnel qui devrait lui assurer de devenir Premier ministre.
Les deux partis exigent la renégociation du traité danois de défense de 1951 avec les Etats-Unis concernant la base américaine de Thulé, au nord-ouest du Groenland. Cela fait des années que cette base de l'US Air Force Pituffik en groenlandais pourrit les relations entre Nuuk (capitale du Groenland) et Copenhague. Les Américains auraient l'intention de développer la base comme un relais important de leur projet de bouclier antimissiles. Les politiciens groenlandais ne tolèrent plus que les responsables danois négocient par-dessus leur tête. Ils réclament depuis des années d'être présents aux discussions avec les Américains et veulent plus d'autonomie en politique étrangère. Et il y a tout lieu de les prendre au sérieux : en 1982, les Groenlandais avaient, par référendum, décidé de quitter la Communauté européenne», afin de protéger leur industrie de la pêche.
Dans une enquête publi




