Johannesburg
de notre correspondante
Lydia, 16 ans, a fui le Burundi et la guerre il y a quatre ans. A leur arrivée à Johannesburg, la capitale économique de l'Afrique du Sud, sa famille et elle pensaient trouver un refuge et un avenir. Echoués dans un deux pièces d'un immeuble de Hillbrow, l'un des quartiers les plus chauds de la ville, ils vivent en fait un cauchemar. Victime d'un viol collectif, Lydia élève un enfant de 2 ans dont elle préfère ne pas connaître le père. Sa mère ne sort plus, par peur d'agressions. Son père, parti l'an dernier au Cap à la recherche d'un compatriote, n'a plus donné signe de vie. Lydia s'inquiète pour lui, à cause des meurtres gratuits dont plusieurs étrangers ont été victimes, certains tués d'une balle, d'autres jetés de trains en marche. L'un de ses frères aînés, Fred, nourrit la famille en vendant des casquettes dans la rue. «Je gagne 500 rands (environ 55 euros) par semaine», dit-il. Cette moyenne ne comprend pas les rackets incessants dont il est la cible, soit par la police, qui menace de l'arrêter, soit par les «tsotsis», ces bandits à la petite semaine que la pauvreté et le chômage font essaimer à Johannesburg.
Empoisonnement. «Ce n'est pas possible de sortir avec mes papiers, raconte Lydia. Si on me les vole, il faudra tout recommencer, des semaines de démarches.» Prise pour une clandestine lors d'une rafle en septembre, elle s'est retrouvée derrière les grilles du centre de rétention de Lindela. Des centaines d'immigrés y attendent cha




