Qu'on se le dise, Jacques Chirac n'est pas homme à changer d'avis ! Et s'il en donne l'impression, c'est qu'on l'aura mal compris... Mardi, le chef de l'Etat avait semblé préparer les Français à l'inéluctabilité d'une intervention militaire en Irak en évoquant l'ouverture éventuelle, «hélas», de nouveaux théâtres d'opération et en invitant les forces armées à se tenir prêtes à «toute éventualité». Marche arrière hier : le Président a profité d'une nouvelle séance de voeux, ceux de la presse, pour corriger le tir.
Evolution. «Nous avons voulu depuis le début privilégier une solution pacifique en estimant qu'une intervention militaire, du fait de ses conséquences humaines, stratégiques, politiques, ne devrait être envisagée qu'en cas d'échec absolu de toutes les autres possibilités et seulement naturellement sur décision du Conseil de sécurité, a-t-il expliqué. La France poursuivra dans ce sens sans dévier de ses efforts pour que la résolution 1441 soit pleinement appliquée et bien entendu, dans ce contexte, elle maintiendra sa totale liberté d'appréciation en toutes hypothèses.» En quarante-huit heures, outre la tonalité de l'allocution, le lexique présidentiel lui-même a évolué. Contrairement à ce qu'il avait fait mardi devant le corps diplomatique, Jacques Chirac s'est bien gardé de prononcer, hier, le mot «guerre». Il s'est contenté d'utiliser l'expression «crise irakienne» en soulignant que, là comme ailleurs, «le recours à la force est toujours un constat d'échec et la pi




