Menu
Libération
Interview

«Chavez est politiquement inculte»

Réservé aux abonnés

Publié le 14/01/2003 à 21h48

Caracas envoyé spécial

Ancien guérillero marxiste, dans les années 60, Teodoro Petkoff dirige aujourd'hui le quotidien de Caracas TalCual. Il fut aussi le fondateur du parti MAS (Mouvement vers le socialisme), qui a soutenu ­ sans lui ­ les premiers pas d'Hugo Chavez avant de quitter la coalition gouvernementale.

Le Venezuela est extrêmement divisé et semi-paralysé. Y a-t-il une issue ?

Il faut très vite trouver une issue politique, négociée, la seule souhaitable, dans un cadre électoral. Sinon, on se dirige vers une explosion de violence dont on n'a pas idée. Malheureusement, les extrémistes des deux camps semblent actuellement tout faire pour la provoquer. Quoi qu'il arrive, la «victoire», celle des uns ou des autres, s'écrira avec d'énormes guillemets, sur un champ de ruine économique et social, avec cette grève qui mène le pays à la faillite. Le Venezuela, c'est pire que le Titanic : c'est le dernier naufragé qui s'accroche à une planche de bois, la planche, c'est l'OEA (Organisation des Etats américains, qui tente depuis plusieurs mois une médiation, ndlr).

Chavez a été élu triomphalement en 1998 et réélu en 2000. Que s'est-il passé ?

Il s'est mis tout le monde à dos. Les syndicats, l'Eglise, les médias, l'armée et surtout la classe moyenne, un secteur de la population qu'il aurait très bien pu se gagner, qui a voté pour lui et qui a pris la rue aujourd'hui. En Amérique latine, on peut éventuellement gouverner sans la classe moyenne, mais pas contre elle. C'est le secteur le

Dans la même rubrique