Jérusalem
de notre correspondant
Nombre de commentateurs et d'experts vont devoir manger leur chapeau : nul ou presque n'avait prévu la coalition qu'Ariel Sharon vient de former. Dépourvu de majorité à l'issue des législatives du 28 janvier, le Premier ministre a, hier, adjoint à son parti, le Likoud, le parti Shinouï (centriste, laïque) de Tommy Lapid et le parti national-religieux d'Effi Eïtam. Hier, des négociations étaient encore en cours avec le parti Union nationale d'Avigdor Lieberman (extrême droite). Avec ces trois formations, le Premier ministre pourrait ainsi s'appuyer sur une majorité de 68 députés, sur 120.
Tommy Lapid voit ainsi son voeu le plus cher s'accomplir : son parti obtient le portefeuille de la Justice, et, sans doute, l'Intérieur, l'Equipement, l'Environnement et la Science. Les nationaux-religieux décrochent l'Habitat et l'Aide sociale. Entre autres accords, il est prévu la dissolution du ministère des Cultes et l'instauration éventuelle du dimanche chômé.
A revers. Au cours de ces derniers jours de négociation, il y a eu le Sharon manoeuvrier, multipliant ses adjurations à Amram Mitzna, chef de file des travaillistes «Faisons ensemble l'Histoire !» pour le convaincre de rejoindre sa coalition, et annonçant des promesses de «concessions douloureuses» aux Palestiniens, dont nul ne connaît la teneur. Mais il y a surtout l'éternel guerrier, qui n'est jamais là où on l'attend, celui qui prend à revers tout le monde : l'armée égyptienne en 1973, Menahem B




