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Affaire Wallenberg: les coupables lacunes de la Suède

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Le peu d'empressement des diplomates à retrouver leur confrère, disparu en 1945, blâmé dans un rapport.

Publié le 08/03/2003 à 21h55

Stockholm

de notre correspondant

«Un échec diplomatique» : le titre du rapport de la commission d'experts consacrée à l'action des diplomates suédois dans l'affaire Raoul Wallenberg pourrait se passer de commentaires. «L'Ange de Budapest», qui a sauvé des dizaines de milliers de juifs hongrois durant la Seconde Guerre mondiale, avait mystérieusement disparu en 1945 ; dans un rapport de près de 800 pages remis mardi au gouvernement suédois, la commission s'est penchée sur l'attitude des diplomates suédois à la fin des années 40.

Pour qualifier leurs coupables lacunes, son président, Ingemar Eliasson, a adopté un ton étonnamment dur, les accusant de «passivité» et d'«indifférence». S'il rappelle que «la cause de la disparition du jeune diplomate suédois repose sur la direction soviétique de l'épo que», il se demande aussi si «une action plus énergique» de la Suède n'aurait pas pu le sauver.

«Protection». Vers la fin de la guerre, le jeune diplomate suédois Raoul Wallenberg distribuait jusque dans les convois en partance pour les camps, souvent au péril de sa vie, des passeports qu'il avait lui-même fabriqués. A la mi-janvier 1945, il est arrêté à Budapest par les troupes soviétiques. Depuis, mystère.

Pour expliquer l'étrange passivité des diplomates suédois durant les premières années, décisives, de sa disparition, Eliasson rappelle plusieurs points. Wallenberg, s'il était diplomate (non professionnel) accrédité par son gouvernement, travaillait en fait pour les Américains. Selon l

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