Henry Kissinger ou la soif puis l'ivresse du pouvoir... Telle est l'image pas vraiment fausse que projette le documentaire accusateur d'Alex Gibney et Eugène Jarecki (qui sortira en salles le 23 avril). Le procès qu'ils intentent à l'ancien conseiller pour la sécurité nationale de Richard Nixon n'est pas nouveau puisqu'ils ont suivi la trame du réquisitoire de Christopher Hitchens, publié par Harper's Magazine avant d'être développé dans un livre (1). Mais ils ont le mérite de replacer les événements dans leur contexte, d'être moins obsédés que ce dernier par la volonté de voir un criminel de guerre en Kissinger et de donner la parole à des témoins pas forcément acquis à leur cause. La légende kissingerienne le maître de la «Realpolitik», spirituel en diable et toujours entouré de jolies femmes n'en ressort que plus cabossée, surtout lorsqu'on l'apprécie à l'aune des valeurs de l'après-guerre froide et d'une morale internationale infiniment plus sourcilleuse que par le passé.
Quatre dossiers sont passés au crible pour démontrer les mensonges et les manipulations de celui qui fut le vrai maître de la politique étrangère américaine de 1969, date de son entrée à la Maison Blanche avec Richard Nixon, à 1976, lorsque Gerald Ford termine le deuxième mandat de Nixon, interrompu par l'affaire du Watergate : la guerre du Vietnam, celle du Cambodge, l'invasion sanglante du Timor occidental par l'Indonésie et les complots ourdis (en vain) par les Etats-Unis pour que Salvador All




