Montréal de notre correspondante
«Mon nom est Albena, je suis bulgare et agronome», se présente une jeune femme. «Je m'appelle Payam, je suis mécanicien et iranien», enchaîne timidement son voisin. Dans un français balbutiant, teinté d'accent chinois ou tatare, une quinzaine d'adultes s'initient aux rudiments de la langue française. Nous sommes au Carrefour d'intégration de Montréal, l'un des centres créés par le ministère de l'Immigration, qui offre des cours aux immigrants allophones ceux qui n'ont ni le français ni l'anglais (les deux langues officielles du pays) comme langue maternelle.
Meilleur emploi. Cette année, ils sont près de 20 000 à se familiariser avec la langue officielle de leur province d'accueil. C'est le cas de José Luis, qui a vite compris que sa connaissance de l'anglais ne lui serait pas suffisante. «On peut vivre en anglais à Montréal, précise le jeune réfugié mexicain. Mais parler français permet de trouver un meilleur emploi et d'être mieux accepté par les Québécois.» L'immigration constitue le principal facteur d'accroissement démographique du Québec. En 2003, la province prévoit d'accueillir quelque 40 000 nouveaux arrivants ces dernières années, les premiers contingents étaient chinois, marocains et français.
Pourtant, surprenant paradoxe d'une province connue pour son militantisme linguistique, le Québec ne parvient à attirer qu'une minorité de francophones. En 2001, 85 % des immigrants admis avaient une langue maternelle autre que le français o




