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La ligne verte entrouverte à Chypre

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Séparés depuis 1974, Grecs et Turcs ont pu traverser leur frontière hier.

Publié le 24/04/2003 à 22h59, mis à jour le 24/04/2003 à 22h59

«J'ai l'impression de rêver. Je me sens libre.» Radieuse, Emete Altuner, une mère de famille de 50 ans, est une des premières chypriotes turques à avoir traversé hier matin la ligne de démarcation qui coupe l'île depuis près de trente ans et fait de Nicosie la dernière capitale divisée du monde. Comme elle, un millier d'habitants du nord de l'île ont profité de l'annonce-surprise faite lundi soir par les autorités de la République turque de Chypre Nord (RTCN, reconnue seulement par Ankara) : l'ouverture de la «ligne verte» entre 9 heures et minuit, à compter de ce 23 avril.

Modération. Avec son mari Munir et ses deux filles, Emete Altuner veut seulement se promener dans les quartiers de la ville qui lui sont interdits depuis 1974, lorsque l'armée turque a envahi le Nord en réponse à un éphémère putsch d'ultranationalistes chyprio tes grecs. Depuis, les Casques bleus de l'ONU veillent sur une zone tampon de 180 kilomètres de long, hérissée de barbelés et de guérites où se font face des sentinelles ennemies. «Je veux aller dans Ledra Street, m'asseoir à la pâtisserie Haleppi», se réjouit Emete, qui n'a pas encore idée de la métamorphose de la grand-rue de Nicosie : les enseignes internationales y fleurissent comme dans toute capitale occidentale et la pâtisserie chère à son coeur est devenue un fast-food chinois...

Au point de passage de Ledra Palace ­ jadis le plus grand hôtel de Nicosie, aujourd'hui siège de la force de l'ONU ­, plus de 500 Chypriotes grecs se

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