Buenos Aires
de notre correspondant
Depuis jeudi soir minuit, la campagne pour le premier tour de la présidentielle est close. Les 25 millions d'Argentins disposent de deux jours de réflexion pendant lesquels, dans une ambiance de désillusion et de fatalisme, ils tenteront d'y voir un peu plus clair parmi les propositions des dix-neuf candidats qui briguent la magistrature suprême. Selon les derniers sondages, aucun des trois favoris ne devrait remporter les suffrages suffisants pour être élu. Car, pour la première fois depuis le retour de la démocratie, il faudra un second tour pour départager les deux candidats qui arriveront en tête, dimanche. «Depuis 1983, on a toujours su à l'avance qui allait gagner. Les trois quarts des électeurs n'avaient le choix qu'entre deux partis : les péronistes et les radicaux. Mais le PJ (Parti justicialiste, péroniste) fracturé présente trois candidats et l'UCR (Union civique radicale) est en déclin», explique Juan Carlos Portantiero, enquêteur en sciences sociales du Conicet (Conseil national d'investigation scientifique et technique).
Nostalgie. Trois candidats peuvent espérer l'emporter au premier tour. Deux sont des vieux routiers du péronisme, le troisième un dissident du ra dicalisme. Carlos Menem (72 ans) avocat, brigue un troisième mandat après avoir présidé l'Argentine de 1989 à 1999. Adepte d'une politique néolibérale et d'un retour à l'ordre, il recueille les suffrages hétéroclites d'une classe d'entrepreneurs, qui a bénéficié de l'a




