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Libération

L'Argentin Kirchner, chiche de charisme

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Péroniste pur sucre, mais pas corrompu, le nouveau président de l'Argentine mise sur la continuité.

Publié le 17/05/2003 à 23h02

Buenos Aires

de notre correspondant

Ala suite de la désertion de Carlos Menem, qui a jeté l'éponge avant le second tour de la présidentielle en raison de sondages le donnant largement battu dimanche, Nestor Kirchner se retrouve président élu «par défaut». Quasiment inconnu il y a six mois, le gouverneur de la province de Santa Cruz, au fin fond du sud de la Patagonie, grande comme la moitié de la France mais à peu près aussi peuplée que l'agglomération d'Angers (210 000 habitants), est-il cet honnête et rigoureux gestionnaire que veulent «vendre» les rénovateurs du Parti Justicialiste (PJ) ? Ou le dauphin sans envergure de l'actuel président, Eduardo Duhalde qui ne se représentait pas ? Nestor Kirchner, Patagon dégingandé, marié à une femme jolie et de caractère, hante depuis quelques jours les studios de télévision à la recherche d'une légitimité qui irait au-delà de son maigre score du premier tour (22 % des voix). Devant les journalistes, il semble plus à l'aise que lors des meetings qui ont ponctué sa campagne électorale.

Pas de changement. Le gouverneur de Santa Cruz est un piètre orateur aux harangues fougueuses masquant un discours réduit à deux idées maîtresses soufflées par l'appareil péroniste : travail et production nationale. Un message qui ne présente pas grand risque. La continuité est la marque déposée de cet avocat de 53 ans, propulsé dans la campagne par son mentor, le président Eduardo Duhalde ­ vieux routier du péronisme et ennemi viscéral de Carlos Menem.

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