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Libération

Les craintes européennes de Washington

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Depuis le conflit irakien, la construction de l'UE inquiète les néoconservateurs.

Publié le 20/06/2003 à 23h27

Washington de notre correspondant

Coiffé d'un béret, le poitrail portant les lettres «UE» insérées dans une couronne d'étoiles, le poing serré vers le firmament, une sorte de superman fonce dans le ciel. Tout en bas, on reconnaît les contours de l'Europe. Ce dessin ornait, la semaine dernière, la couverture de l'hebdomadaire The New Republic, sous la manchette : «Superpower Europe». Deux articles sont annoncés : «Pourquoi l'Amérique devrait craindre l'économie européenne» et «Pourquoi l'Amérique devrait craindre la construction européenne»...

Il est très rare que l'Union européenne fasse la une des journaux américains. Mais depuis la résistance franco-allemande à la guerre en Irak, quelque chose a changé. Jusque-là, Washington considérait l'Europe comme une alliée fidèle et inoffensive. Les néoconservateurs considéraient que ce continent en paix, militairement nul, démographiquement sur le déclin et économiquement faiblard, ne méritait pas vraiment une attention démesurée (1). Mais l'Union européenne est subitement devenue un danger potentiel. «Dans les discussions en ville, certains se demandent désormais si l'on ne vivrait pas mieux sans la construction européenne», regrette ainsi James Steinberg, ancien numéro deux du conseil national de sécurité de l'administration Clinton.

«Les intentions hostiles de la France». Dans The New Republic, Andrew Sullivan, ancien rédacteur en chef du magazine, n'y va pas par quatre chemins : «La principale puissance qui bénéficiera de la réussi

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