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Peines de mort pour l'exemple au Maroc

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Dix islamistes, sans lien direct avec les attentats de mai, ont été condamnés.

Publié le 14/07/2003 à 23h53

Pas moins de dix condamnations à mort, huit réclusions à perpétuité, une volée d'enfermements pour quinze ans, les juges marocains ont lourdement sanctionné, dans la nuit de vendredi à samedi, à l'issue du procès d'une trentaine de jeunes islamistes membres du «Droit Chemin», Assirat al Moustakim, l'un des tout premiers groupes fondamentalistes des bidonvilles de Casablanca passé à la violence. Un verdict pour l'exemple, sur lequel pèse le profond traumatisme des attentats-suicides du 16 mai.

Mises en garde. Le fracas des bombes laisse un Maroc abasourdi qui découvre avec stupeur comment une partie de sa jeunesse a bel et bien basculé dans le radicalisme le plus extrême. Malgré les mises en garde des services de sécurité au printemps, la plupart des Marocains se refusaient à croire leur pays malade quand le royaume chérifien avait échap pé à la contagion algérienne pendant deux décennies. «La greffe a pris de manière marginale mais réelle, regrettait un conseiller du roi à la veille du procès, nous devons immédiatement mettre en place un cordon sanitaire pour l'empêcher de s'étendre. L'heure du laxisme et de la béatitude est terminée.»

Les 31 militants islamistes condamnés ce week-end n'avaient pas de lien direct avec les récents attentats de Casablanca puisqu'ils couchaient derrière les barreaux depuis plusieurs mois, arrêtés pour une série de meurtres commis au nom de Dieu. Mais tous étaient issus des faubourgs déshérités de la capitale économique du Maroc. Une petite bande,

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