Bangkok de notre correspondant
«C'est un problème humanitaire, pas militaire. Et je pense qu'une solution est possible.» Thierry Falise et Vincent Reynaud, les deux journalistes belge et français libérés par le gouvernement laotien, en sont convaincus : il n'y a pas de fatalité qui voudrait que le groupe de rebelles hmongs sur lequel ils faisaient leur reportage s'éteigne lentement, isolé dans les montagnes du nord du Laos, tenaillé par la faim et harcelé par les miliciens gouvernementaux. Mais peut-on vraiment parler de guérilla ? Thierry Falise, qui a couvert les maquis d'Asie du Sud-Est depuis deux décennies, relativise : «Cette communauté comprend 600 personnes, dont 60 % d'enfants et de nombreuses femmes. Il y a une bonne soixantaine d'hommes qui ont des vieilles armes rafistolées avec des bouts de ficelle. Ils ne s'entraînent jamais, je suis sûr qu'ils ne savent pas comment combattre.»
«Armée secrète». Quand les deux reporters et leur traducteur hmong-américain sont arrivés après quatre jours de trek dans cette communauté cachée dans les forêts de la zone spéciale de Saissomboun, à environ 150 km au nord-est de Vientiane, les Hmongs les ont pris pour une unité d'éclaireurs américains venue les sauver. «C'était très émouvant. Tous les hommes étaient devant, puis les enfants et les femmes derrière qui pleuraient, qui nous touchaient, qui tendaient les mains, raconte le photojournaliste belge. Ils vivent sur une autre planète, complètement en dehors de la réalité.»
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