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Suède : une page tournée sur les stérilisations forcées

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Fin juin, 1 700 victimes avaient été indemnisées. Mais certaines estiment que l'Etat doit aussi demander pardon.

Publié le 16/07/2003 à 23h58

Stockholm de notre correspondant

Depuis fin juin, l'Etat suédois a fini de payer sa dette aux Suédoises stérilisées de force en tre 1935 et 1975. A raison de 175 000 couronnes (19 200 euros) par personne, quelque 300 millions de couronnes (33 millions d'euros) ont été versés à environ 1 700 personnes depuis juillet 1999. Les statistiques finales ne sont pas encore établies. Mais on sait déjà qu'environ 20 % des demandes d'indemnisation ont été déboutées. Certaines personnes croyaient avoir été stérilisées, mais aucun document n'a pu l'établir. Dans d'autres cas plus rares, l'agence créée pour l'occasion a estimé que les plaignants n'avaient pas pu prouver qu'ils avaient subi des pressions conduisant à leur stérilisation.

Epileptique. La dette payée, la Suède est-elle quitte pour autant ? «J'aurais espéré qu'un membre du gouvernement m'écrive personnellement, demande pardon, que la Suède montre plus de compassion», réagit Barbro Lysen, l'une des premières indemnisées, stérilisée de force en 1946. Jeune fille, Barbro Lysen, qui souffrait parfois de crampes, avait été diagnostiquée épileptique, ce qui, à l'époque, signifiait idiote. Lorsqu'elle était tombée enceinte, son médecin traitant avait été catégorique : il fallait procéder à l'avortement et à la stérilisation. Paralysée face à l'autorité de la blouse blanche, Barbro, déchirée, avait cédé. Depuis, elle traîne sa honte d'avoir un jour été étiquetée citoyenne de seconde classe.

Lorsque l'affaire des stérilisations forcées ava

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