La bouche fait dans le sensuel boudeur, la mèche, faussement négligée, dans le balayage cendré, le regard félin, bref une très belle du genre «J'ai l'air ingénu, mais si je t'attrape je te bouffe.» Sosie d'Estelle Hallyday ou top model venu de l'Est ? Non, le quotidien algérien le Matin assure qu'il s'agit de l'une de ses journalistes. On aimerait le croire puisque «Ines Chavez» son nom, paraît-il y signe une chronique qui tourne au jeu de massacre. Avec en victime expiatoire Abdelaziz Bouteflika et en filigrane «l'affaire Khalifa» du nom du golden boy algérien dont la déchéance fut plus météorique que l'ascension (Libération des 3 avril et 7 juin). Sortie de Elle ou Vogue, la belle n'a qu'un centre d'intérêt : l'économie, rubrique finances personnelles. Du coup elle ne se lasse pas de rapporter les turpitudes pécuniaires du chef de l'Etat et de son «clan» ses frères Saïd et Abdelghani. Avec luxe détails signifiant : «Tu bouges, j'en rajoute une couche, preuves à l'appui.»
Au fil des jours, «Ines» égrène ainsi le «demi-million de dinars mensuels touchés par (l'un des) frères chez Khalifa» ; «la villa de plusieurs milliards de centimes que son chef de protocole se fait construire aux frais de Khalifa» ; «l'ordre de la présidence de faire financer par Khalifa les avocats du (général) Nezzar à Paris» ; le «refus de Khalifa de payer une facture de 34 000 euros laissée par Abdelghani chez (le tailleur) Smalto à Paris» ou le «règlement cash par Khalifa d'un appartement Faubou




