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Libération

La Bourse du terrorisme ne verra pas le jour

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Le Pentagone voulait créer un marché pour coter les risques d'attentats.

Publié le 02/08/2003 à 0h29

Washington correspondance

Sur fond de scandale, l'administration Bush va se séparer d'un serviteur haut en couleur, l'amiral John M. Poindexter. Ce dernier aurait fait un parfait personnage pour roman d'espionnage burlesque. Sa nomination, en janvier 2002, à la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), service de recherche du Pentagone, avait d'emblée créé une polémique à cause d'une tache disgracieuse sur son CV. Conseiller national à la sécurité sous l'administration Reagan, il avait été au coeur de l'affaire Iran-Contra, une vente illégale d'armes à l'Iran destinée à financer les rebelles du Nicaragua.

Peu après sa nomination, Poindexter avait déclenché un autre tollé en défendant, au nom de la lutte contre le terrorisme, le projet baptisé Total Information Awareness : un système informatique, qualifié d'orwellien par ses détracteurs, croisant les actes de la vie quotidienne des habitants (retraits d'argent, locations de voiture, achats de billets d'avion, etc.) pour repérer les terroristes.

«Répugnant». Le scandale qui entraîne aujourd'hui la démission de Poindexter est plus croquignolet encore. La cellule qu'il dirige au sein de la Darpa, projetait de lancer un marché à terme, sur l'Internet, des événements au Moyen-Orient. Il aurait ainsi permis de parier, à la hausse ou à la baisse, sur les risques d'attentats, d'attaque biologique contre Israël ou encore d'assassinat de Yasser Arafat...

Ce sont deux sénateurs démocrates, Ron Wyden (Oregon) et Byron Dorgan (Dakot

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