Iowa envoyé spécial
«Qu'est-ce que c'est ?» Sur le trottoir de Corning, petite ville de bâtisses de brique rouge et jaune, un petit insecte sombre est juché sur une longue sauterelle et cherche à lui dévorer la tête. Howard Dean, qui sort d'un minuscule meeting électoral dans l'arrière salle du L & J's Kitchen, s'arrête pour observer la scène. Les deux animaux tressaillent violemment. «C'est un combat à mort», constate l'ex-gouverneur du Vermont. Un de ses accompagnateurs plaisante : «La sauterelle, c'est Bush.» Dean, sans hésiter : «Ça, j'espère bien !» Puis il s'engouffre dans son fourgon, un Ford E-350 un peu minable, couvert d'autocollants «Dean for America». Il reprend la route, plonge dans le vert profond des champs de céréales de l'Iowa, «le grenier de l'Amérique», pour une autre réunion électorale, dans une autre petite ville, devant une autre poignée de retraités.
Phénomène. Dean, c'est le petit dur qui monte, avec la ferme volonté de «renvoyer Bush au Texas». C'est le candidat démocrate que personne n'apercevait dans le tableau il y a trois mois, mais qui, depuis juin, suscite un phénomène baptisé la «deanite» par des conservateurs de plus en plus inquiets. La semaine dernière, il faisait la une de Time («Le facteur Dean») et de Newsweek («Howard Dean, destin ou désastre ?»). Il a surpris tout le monde en annonçant, fin juin, qu'il avait récolté, au second trimestre, 7,6 millions de dollars : soit plus que le sénateur John Kerry (donné favori par les médias), plus qu




