Bagdad envoyée spéciale
La dernière image de Mazen Dana est celle d'un char américain avançant vers lui. Il filmait dimanche l'extérieur de la prison d'Abou Gharib, où une attaque au mortier, la nuit précédente, avait coûté la vie à 6 détenus irakiens et blessé 59 autres. La situation n'avait rien d'extraordinaire et, à 43 ans, le journaliste palestinien de l'agence britannique Reuters avait travaillé dans des conditions similaires, notamment à Hébron, en Cisjordanie, où il avait été blessé. Mazen Dana dirigeait sa caméra vers le convoi américain quand les soldats postés sur le char ont tiré, le tuant sur le coup. L'armée américaine, qui a reconnu que ses soldats avaient «affronté» le cameraman, a expliqué qu'ils avaient pris la caméra pour un lance-grenades.
17 journalistes tués. La direction de Reuters et plusieurs associations de défense de la liberté de la presse ont demandé une enquête sur cette nouvelle et troublante méprise. Le 8 avril, un autre cameraman ukrainien de Reuters, Taras Protsyuk, et un cameraman espagnol travaillant pour Telecinco, José Couso, avaient été tués par le tir d'un char américain contre l'hôtel Palestine à Bagdad, dans des conditions tout aussi incompréhensibles. 17 journalistes ont été tués ou portés disparus depuis le début de l'intervention de la coalition américano-britannique en Irak en mars.
La nervosité des militaires américains, qui essuient des attaques presque quotidiennes, fait également de nombreuses victimes parmi les Irakiens. Hier e




