Genève de notre correspondant
Les yeux sont encore rougis par une nuit sans sommeil. Le drapeau bleu de l'ONU flotte à mi-mât, l'état de choc commence à faire place à la lassitude et à la tristesse. Jamais les Nations unies n'ont connu un tel traumatisme. Même l'assassinat, jamais formellement prouvé, du secrétaire général de l'ONU, Dag Hammarskjold, en Afrique en 1961, n'avait pas plongé l'organisation dans un tel état. L'attentat qui a coûté la vie, mardi, à l'envoyé spécial de Kofi Annan en Irak, Sergio Vieira de Mello, ainsi qu'à une vingtaine de personnes, en blessant plus de cent autres, est un coup très dur porté aux Nations unies. Au choc de la perte d'amis très proches plusieurs étaient basés à Genève s'ajoute le sentiment d'une nouvelle bataille perdue pour l'organisation. Paradoxalement, cette tragédie, par sa violence même, pourrait redéfinir les règles du jeu de la communauté internationale en Irak et redonner une place à l'ONU.
De dépit et de colère, Catherine Fegli, du service de l'information de l'ONU, s'étrangle : «Pourquoi frapper les Nations unies ? Les terroristes ont visé le mauvais homme, le mauvais drapeau et tout cela, au pire moment.» Pour beaucoup d'onusiens, de Mello représentait l'espoir d'un retour de l'ONU sur la scène internationale, alors qu'elle avait été rudement mise sur la touche par l'administration Bush et marginalisée encore davantage par la crise irakienne.
A Stockholm, le secrétaire général, Kofi Annan, s'est prononcé en faveur du ma




