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Libération

Washington veut éviter «un nouveau Saigon»

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Pour éviter l'enlisement, l'administration Bush est acculée à laisser une place à l'ONU dans la gestion de l'après-guerre en Irak.

Publié le 21/08/2003 à 0h40

Washington

de notre correspondant

Interrogé, lors de sa conférence de presse du 2 juillet, sur les attaques menées en Irak contre les forces américaines, le président George W. Bush avait lancé : «Qu'ils y viennent ! (1) Nous avons la force nécessaire pour assurer la sécurité.» Deux mois plus tard, cette bravade n'est plus de mise. Les Américains, avec leurs 138 000 hommes (plus 13 000 autres «coalisés»), ne parviennent à procurer ni la sécurité, ni l'eau, ni l'électricité aux Irakiens, sans même parler de la «démocratisation» du régime. Ils prennent conscience qu'ils se sont mis dans un piège, sans avoir de stratégie de sortie. Ils ne peuvent quitter le pays sans déclencher de guerre civile et sans vivre l'humiliation d'un «nouveau Saigon». D'un autre côté, les responsables sont incapables de dire combien de temps ils envisagent de rester. Or le temps risque de jouer contre les Etats-Unis, qui dépensent un milliard de dollars par semaine en Irak, et dont les médias comptent les morts américains.

Impuissance. L'attentat de mardi est un «tournant», sans que l'on sache encore dans quelle direction. D'un côté, il démontre l'impuissance de l'armée américaine et fait voler en éclats les anciens rêves officiels d'une libération heureuse ; de l'autre, il rétablit dans l'opinion publique américaine le lien, jusque-là ténu, entre «terrorisme» et «Irak», ce qui peut conforter, dans l'opinion, le soutien au président Bush. Ce dernier n'est pas forcément menacé, politiquement, par l'aggrav

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