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Libération

Des bourreaux à la solde de Mugabe

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Ex-miliciens et victimes témoignent des atrocités du régime zimbabwéen.

Publié le 06/09/2003 à 0h52

Johannesburg

de notre correspondante

«En janvier 2002, on a reçu l'ordre avec une vingtaine d'autres miliciens d'aller chez Sibindi, on l'a frappé à mort, à coup de barres de fer, sous les yeux de ses enfants», raconte Thabo, 22 ans, au sujet d'un secrétaire du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le principal parti d'opposition zimbabwéen, à Tsholotsho, près de Bulawayo. A cette époque, Thabo venait de passer un an dans les camps d'entraînement dirigés par les war vets, les anciens combattants de la guerre d'indépendance, le fer de lance du régime du président Mugabe. Comme lui, des dizaines d'autres Green Bombers, autre nom donné à la milice, se sont échappés et ont pu passer en Afrique du Sud : s'estimant prisonniers de la milice, ils ne veulent plus faire peur, passer à tabac, violer et parfois tuer. Ils disent aussi n'avoir jamais été payés.

Pour la première fois, vendredi, ex-bourreaux et victimes de la milice ont choisi de rendre publiques leurs souffrances lors d'une conférence de presse, organisée par des leaders religieux du Zimbabwe et d'Afrique du Sud du Solidarity Peace Trust, qui demandent «une pression internationale pour que Mugabe cesse ces abus».

Violée dans les camps. Créée officiellement pour éduquer les jeunes «à la citoyenneté» et les préparer «au monde et au travail dans leur pays», la milice est aujourd'hui l'instrument le plus violent du régime de Mugabe, qui torture les opposants politiques, mais aussi ses propres recrues. Debbie, une mère d

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