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Libération

La Maison Blanche préfère la marginalisation à l'exil

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Washington craint que, loin de Ramallah, Arafat ne retrouve une crédibilité internationale.

Publié le 13/09/2003 à 0h58

Washington

de notre correspondant

La Maison Blanche est ennuyée. Depuis près de deux ans, elle ostracise ouvertement Yasser Arafat, le traitant avec à peine plus d'égards que ceux réservés aux terroristes. Mais alors que le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, décide d'aller au bout de cette logique et suggère d'expulser le raïs palestinien, Washington est contraint d'intervenir pour tenter de l'en empêcher. «Cela ne ferait que lui offrir un forum plus large», a répété vendredi Scott MacClellan, le porte-parole de la Maison Blanche.

Sur le fond, George Bush et Ariel Sharon partagent le même diagnostic, qu'on résume à Washington d'une formule : «Arafat est l'un des éléments du problème, pas de la solution.» Le président Bush a perdu toute confiance dans le leader palestinien depuis l'épisode du Karine A, au tout début 2002. Le leader palestinien lui avait juré au téléphone ne pas être au courant que ce navire iranien, arraisonné en mer par Israël, devait livrer des armes à l'Autorité palestinienne... Une version formellement démentie par les renseignements de la CIA. Depuis cette date, Bush a décidé d'ignorer Arafat et de tout faire pour le priver de pouvoir.

La divergence entre les gouvernements américain et israélien relève donc de la tactique : quel est le meilleur moyen pour marginaliser Arafat ? Pour Israël, un exil desserrerait l'emprise du leader sur les forces de sécurité palestiniennes et permettrait, peut-être, à d'autres leaders d'émerger. Pour Washington, mieux v

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