Le 19 juillet 2003, troisième jour de la marche d'approche. La longue caravane des porteurs afghans atteint les 4 400 mètres d'altitude lorsqu'à un détour du glacier, le Noshaq daigne enfin se montrer. C'est seulement là, presque à son pied, que les membres de l'expédition internationale venus le gravir découvrent ce sommet de 7 492 mètres, à cheval sur la frontière pakistano- afghane, au coeur du massif de l'Hindou Kouch. Depuis un quart de siècle, en raison de l'interminable guerre afghane, plus personne n'était monté ici.
Les alpinistes marquent un temps d'arrêt : cette montagne est si imposante... Alors que les sommets de 6 000 à 7 000 mètres qui l'entourent sont des montagnes élégantes, fins couloirs de glace et arêtes aériennes, le Noshaq, point culminant de l'Afghanistan, écrase le paysage de sa masse. Entre l'immense glacier de son versant nord-ouest et l'océan vertical de mauvais rocher de sa face sud-ouest, une arête évidente, mi-rocheuse, mi-neigeuse, s'étire sur des kilomètres et près de 3 000 mètres de dénivelée. C'est l'arête ouest, la voie normale d'ascension, à laquelle cette expédition va s'attaquer.
Depuis son arrivée à Kaboul, dix jours plus tôt, le premier souci de l'équipe avait plutôt été d'arriver jusqu'ici. Un champ de mines antipersonnel, vestige récent de la guerre civile entre talibans et moudjahidin de l'Alliance du Nord, barre en effet à plus de 3 000 mètres d'altitude l'accès au Noshaq. Le commandant Massoud craignait une invasion des talibans par




