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Libération

Suède: les sociaux-démocrates accusés

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Divisés, ils ont peu abordé les questions européennes.

Publié le 16/09/2003 à 1h01

Stockholm de notre correspondant

«La politique a été périphérique ces derniers jours. J'ai aussi du mal à vraiment m'engager dans le résultat du référendum. C'est à peu près ça que je ressens.» C'est un Premier ministre légèrement absent qui a accueilli, dimanche soir, l'annonce de son échec au référendum. Göran Persson vient de vivre la semaine la plus épouvantable de sa carrière politique avec l'assassinat de sa ministre des Affaires étrangères, puis l'échec tonitruant de son projet d'adoption de l'euro. Au lendemain de la victoire écrasante du nej avec 56,1 % des voix, Göran Persson n'aura pas de répit. Dès l'annonce des résultats, le ton d'union nationale ultraconsensuel qui avait prévalu depuis la mort d'Anna Lindh a volé en éclats.

Défiance à l'égard des élites. Le président du très européen Parti libéral, Lars Leijonborg, a, le premier, trouvé le bouc émissaire : «Le mouvement ouvrier fait un blocage contre l'Europe. Il a pendant des décennies cultivé le mythe que la Suède est la meilleure du monde.» A gauche comme à droite, le constat est unanime : après le référendum de 1994 sur l'adhésion de la Suède à l'UE, toutes les questions européennes ont été mises sous le tapis. «Nous voyons maintenant les conséquences de ne pas avoir débattu après 1994 de ce que signifiait l'Europe pour la Suède», dit Birgitta Ed, responsable du mouvement la Suède en Europe. Même constat de Margot Wallström, ancienne ministre sociale-démocrate et commissaire européenne : «Les sociaux-démocrat

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