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Enquête

Anthrax, traque au point mort

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Fin 2001, peu après les attentats du 11 septembre, cinq personnes sont tuées aux Etats-Unis, contaminées par le bacille du charbon. Après avoir soupçonné l'expert scientifique Stephen Hatfill, l'enquête piétine... à moins qu'elle ne soit entravée.

Publié le 07/10/2003 à 1h17

Etats-Unis de nos correspondants

C'est un oeil qui regarde placidement passer les oies sauvages : un tout petit étang en forme d'amande, perdu dans une forêt au nord de Frederick, dans le Maryland. Dieu sait pourquoi, les promeneurs l'appellent «Whiskey Springs Pond» («l'étang de la source à whisky»). En semaine, il est entouré d'un silence à peine troublé par le vent dans les arbres. Le 9 juin, l'étang a brutalement été assiégé par des dizaines de camions et de voitures du FBI, et ceint de rubans jaunes en plastique. La presse a bientôt rejoint la cohue, filmant la scène par hélicoptère. S'engage alors l'opération la plus spectaculaire de l'enquête sur les attentats à l'anthrax (1), qui ont fait, il y a deux ans, cinq morts et causé une vague de panique aux Etats-Unis. Le Whiskey Springs Pond est purgé, sa boue est draguée. Les enquêteurs cherchent des équipements de laboratoire, voire des traces d'anthrax. En décembre déjà, des plongeurs avaient trouvé dans l'étang une boîte en plastique suspecte ­ munie de deux trous pour y passer des gants. Pour en avoir le coeur net, le FBI a déployé les grands moyens : 250 000 dollars pour vider 180 000 litres d'eau. Quelques semaines plus tard, le bureau fédéral doit reconnaître qu'il n'a trouvé au fond de cet étang qu'une arme à feu et une vieille bicyclette. Pas de nouvel indice, pas la moindre trace d'anthrax. Cet épisode, sa médiatisation, l'échec par lequel il s'est achevé, est symbolique de l'embourbement de l'enquête. Depuis deu

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