La Haye envoyé spécial
Qualifiée pendant des décennies d'«utopique», l'idée de créer une Cour pénale internationale (CPI) aux ambitions planétaires s'est matérialisée en juillet 2002. Installée à La Haye dans un bâtiment en voie d'achèvement, la Cour est chargée de réprimer les crimes de guerre, crimes contre l'humanité, actes de génocide, ainsi que les crimes d'agression lorsque les Etats se seront entendus sur leur définition. La CPI affronte des défis considérables avant même d'être opérationnelle. L'administration Bush est décidée à la torpiller. Plus de soixante pays ont succombé aux pressions financières et politiques américaines, signant des accords bilatéraux, par lesquels ils s'engagent à ne jamais extrader un ressortissant américain vers La Haye.
Information. Autre défi de taille : la Cour s'en prendra-t-elle uniquement aux leaders des pays les plus faibles, en particulier d'Afrique ? Pour l'heure, le procureur de la CPI, l'Argentin Luis Moreno Ocampo, a ouvert une information sur la situation en Ituri, une région du nord-est de la République démocratique du Congo, où des exécutions sommaires, des viols, des actes de torture et l'utilisation d'esclaves sexuels et d'enfants-soldats se sont produits depuis que la Cour est compétente. Il y a quelques jours, Luis Moreno Ocampo dénonçait le trafic des «diamants de sang», responsable selon lui de la guerre en Ituri, affirmant que les compagnies qui s'y livrent pourraient être poursuivies pour complicité de crimes de guerre




