Président depuis mars 2003 de la Cour pénale internationale, le Canadien Philippe Kirsch, 56 ans, spécialiste reconnu de droit international et diplomate, avait joué un rôle clé dans la création de ce nouveau tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.
Maintenant que la CPI existe, quels défis devez-vous relever ?
Tout d'abord, je constate que tout le monde nous prédisait qu'il faudrait dix à quinze ans avant que soixante Etats ratifient les statuts, déclenchant ainsi la compétence de la cour. Il n'a fallu que quatre ans. C'est une excellente nouvelle. Maintenant, nous avons de nombreux défis à relever. D'abord, faire la démonstration de la crédibilité de notre justice. Certaines puissances (les Etats-Unis, en particulier, ndlr) craignent que la CPI se comporte comme un organe politique. Les juges feront la preuve que cela n'est pas le cas. Je n'ai aucun doute là-dessus : ils refuseront toute politisation de la cour. Le deuxième défi consistera à rendre une justice efficace, sans brider les droits de la défense. Nous avons tiré les leçons des deux tribunaux internationaux des Nations unies (sur l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, ndlr), et nous ne voulons pas mener de procès interminable sans pour autant attenter à la qualité de la justice qui sera rendue. Idéalement, même si c'est très difficile dans l'abstrait à quantifier, je souhaiterais qu'un procès dure moins d'une année.
Que répondez-vous lorsqu




