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Libération

L'IVG menacée aux Etats-Unis

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Le Congrès a voté un texte restrictif qui ravit George Bush.

Publié le 23/10/2003 à 1h30

Washington de notre correspondant

L'Amérique «morale» parle de «victoire». Pour la première fois depuis la reconnaissance du droit à l'avortement, il y a trente ans, par la Cour suprême, le Congrès a adopté une loi pour le restreindre. Mardi, après plus de sept ans de débats houleux sur le sujet, le Sénat a définitivement voté, par 64 voix contre 34, un texte interdisant l'avortement tardif par «dilatation et extraction», ou «avortement d'une naissance partielle», comme le désignent les promoteurs du texte. Il s'agit d'avortements pratiqués après avoir extrait le foetus (la tête en général) du ventre de la femme qui le porte. La peine prévue est de deux ans de prison.

Le président Bush, en tournée en Asie, s'est félicité du vote, promettant de signer «cette loi importante qui mettra fin à une pratique abjecte et consolidera la culture de vie aux Etats-Unis». Mais des organisations américaines de défense des droits des femmes s'apprêtent à en contester la constitutionnalité. «Cette loi est le point culminant d'une campagne trompeuse, mettant en danger la vie des femmes et menée en vue de tirer des gains politiques», déclare Gloria Feldt, présidente de l'une de ces organisations, Planned Parenthood. Les opposants à la loi estiment qu'il n'y a aucune raison d'interdire ces avortements, décidés pour des raisons médicales. Environ 5 000 avortements de ce type sont pratiqués chaque année. Mais les antiavortements espèrent utiliser ce texte pour éviter 140 000 IVG par an, réalisées a

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