Menu
Libération

Mahathir, vingt-deux ans de provocations en Malaisie

Réservé aux abonnés

Auteur de déclarations antisémites, fondamentaliste déclaré mais aussi modernisateur du pays, le Premier ministre quitte son poste.

Publié le 25/10/2003 à 1h32

Bangkok

de notre correspondant

Mahathir Mohammad, le Premier ministre malaisien, va quitter ses fonctions le 31 octobre, à 78 ans, après vingt-deux ans au pouvoir. Il a décidé de démissionner, parce qu'il estime avoir ramené la stabilité économique et politique dans le pays et ne veut pas «être forcé de partir ou de perdre sa popularité». Le vice-Premier ministre Abdullah Badawi va lui succéder jusqu'aux élections parlementaires, prévues début 2004, au terme desquelles un nouveau chef du gouvernement sera désigné.

Mahathir Mohammad aime provoquer. Ses attaques contre les «impérialistes» européens, sa dénonciation de la «domination du monde par les juifs», ses imprécations tout aussi antisémites contre le financier George Soros ont provoqué une condamnation générale dans le monde occidental, tout en faisant de lui un héros parmi les musulmans.

Contradictions. Convaincu de l'importance des technologies de l'information pour développer l'économie, il revendique dans le même souffle le titre de musulman fondamentaliste. Penseur visionnaire, développant une approche toute rationnelle des défis à relever pour son pays, il prend peur et élimine politiquement son vice-Premier ministre, Anwar Ibrahim, en 1998, quand celui-ci lui semble représenter une menace. Chantre de l'antilibéralisme, il courtise dans le même temps les multinationales pour les inciter à investir sur le sol malaisien. Difficile de s'y retrouver.

Une seule chose semble faire l'unanimité : son départ, à la fin du mois, v

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique