"Comme si un aigle d'Amérique avait attaqué le président des Etats-Unis...» Ce cri du coeur d'un résident de Las Vegas, dans les colonnes du Boston Globe, traduit la consternation de la capitale mondiale du jeu. L'oasis de néons au milieu du désert du Nevada ne se remet pas du drame qui a frappé l'une de ses plus grandes vedettes : Roy Horn, la moitié du duo d'illusionnistes bronzés et liftés, Siegfried and Roy. Le show de ces «maîtres de l'impossible», en combinaisons futuristes moulantes avec leurs tigres blancs (1), est l'un des plus courus de Las Vegas depuis plusieurs décennies. Ou plutôt, était : attaqué par l'un de ses fauves sur scène, le 3 octobre dernier, Roy lutte toujours entre la vie et la mort. Le show est suspendu.
Bougies, ballons, lettres d'admirateurs s'amoncellent au pied de la statue en bronze de Siegfried et Roy devant l'hôtel-casino MGM Mirage, qui héberge leur spectacle depuis 1990. Du nouveau gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, à Elizabeth Taylor, politiciens et vedettes envoient leurs voeux de rétablissement. Et la presse tabloïd feuilletonne, jour après jour, le combat des médecins auprès de Roy au Centre médical universitaire. Car si le blond Siegfried Fischbacher et le brun Roy Horn ne sont pas toujours très connus en dehors de Las Vegas et de leur Allemagne natale, ils sont des icônes de la culture populaire américaine : évoqués dans des films comme Casino de Martin Scorsese, parodiés dans le dessin animé les Simpsons, et mis en boîte




