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A Londres, la voix d'une autre Arabie

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Saad al-Fagih, opposant en exil, défie la monarchie : à son appel, des milliers de Saoudiens ont manifesté en octobre.

Publié le 04/11/2003 à 1h41

Londres de notre correspondant

Il est difficile d'imaginer comment le docteur Saad al-Fagih peut, depuis son lointain exil, menacer un régime. En 1994, ce chirurgien saoudien a fui son pays et trouvé refuge en Grande-Bretagne, comme tant d'autres dissidents arabes. Il vit retiré avec sa famille dans un quartier paisible du nord-ouest de Londres, à deux pas de l'ancien stade de Wembley. Pourtant, c'est là qu'il défie presque tous les jours une monarchie de plus en plus fatiguée.

Par deux fois le mois dernier, des Saoudiens sont descendus dans les rues du royaume à son appel. Le 14 octobre, des centaines de contestataires ont organisé un sit-in à Riyad, la capitale. Huit jours plus tard, des manifestations ont éclaté dans neuf villes du pays. Le docteur al-Fagih estime la participation à 3 000 personnes à al-Dammam, sur le Golfe persique, autant à Ha'il, dans la province du Nedjd, 1 500 à Jeddah, sur la mer Rouge, et quelques centaines à Buraida et Sakaka (centre), Tabuk (ouest) ou al-Baha (sud).

Malgré une affluence modeste, ces actions sont sans précédent en Arabie Saoudite. Les autorités montrent une très grande nervosité. Le ministre de l'Intérieur, le prince Nayef ben Abdul Aziz, a dénoncé une conjuration «guidée de l'étranger» visant à «détruire la société». A chaque fois, il a fait intervenir les unités antiémeutes. Des barrages sont toujours en place dans les principales villes afin de prévenir d'autres rassemblements. Les forces de l'ordre disent avoir arrêté 271 personn

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